Alors Helen M. Qui es-tu ?
Je suis photographe, j’ai 42 ans, j’habite à Montpellier
Tu avais déjà posé avant ?
Oui, pour des amis photographes. Ça m’a toujours intéressé d’inverser les rôles, pour connaître cette sensation de se mettre au service d’une photo. Ce n’est pas si facile, nu ou habillé. Et j’aime bien voir les photographes travailler.
Comment s’est présentée l’occasion de poser pour Christopher Anderson ?
Très simplement ! Il y a deux ans j’ai été bénévole pour le festival « Images Singulières » à Sète. Cette année ils accueillent Chris Anderson en résidence. Il cherchait des modèles pour faire des portraits, je n’ai fait que recevoir le mail d’info ! Je me suis précipitée. On m’a donné ses coordonnées, je l’ai appelé, on s’est donné rendez-vous. C’était une belle opportunité pour le rencontrer, et je suis d’une nature curieuse !
Et comment imaginais-tu la séance ?
Toute une équipe, un staff, des dizaines de gens … Toute une installation. J’avais envie de lui parler photo, mais je n’étais pas sûre du tout de pouvoir !
Qu’est ce qui s’est passé finalement ?
Le jour dit, j’arrive avec une demie heure d’avance. Lieu : l’ancien collège V.Hugo une résidence artistique de la ville de Sète. Je me pointe dans la cour : personne. Je cherche : personne à part quelques artistes. On m’indique une porte, il arrive finalement du dehors. Il s’est dirigé vers moi avec un grand sourire, les yeux pétillants, la mine super accueillante.
Et ?
J’étais un peu stressée, intimidée. Il ouvre une porte en fer qui donne sur un couloir bleu dur avec une lumière crue, et au bout un escalier en colimaçon. Il m’explique que c’est dans ce couloir, en bas de ces escaliers que se déroulera la séance. Pas du tout l’orga que j’avais imaginée … « La photo sera toute bleue » me dit-il.
Face à moi, il n’arrête pas d’ouvrir et de fermer la porte pour moduler la lumière venant du dehors. Je me tiens debout, dos au mur, sans trop bouger. Il guette mes expressions et la lumière. Il ne m’a pas demandé d’avoir des attitudes particulières, juste la direction du regard. Il photographie et discute en même temps.
Je lui parle un peu des photos que je fais : des nus en extérieur, en lumière naturelle sur de la pelloche noir & blanc ; étonnamment, il s’est montré curieux de les voir. Il me demande de dégager mon épaule, je lui propose de me mettre torse nu.
A un moment donné il dit : « et voilà ! ». C’est la fin.
La séance a duré longtemps ?
Non, 30 ou 40 minutes peut-être. Il n’a pas fait beaucoup de photos. Quand je lui ai demandé comment il préparait ses séances, il m’a parlé d’instinct…
Tu as vu les résultats ?
Oui ! Je fais partie d’un triptyque en couleur qui sera très probablement dans l’expo. J’ai eu une drôle d’impression quand j’ai vu la photo, l’assemblage. Ce n’est absolument pas ce à quoi je m’attendais ! Mais je n’en dis pas plus… rendez-vous vers le mois de juin.
Propos recueillis par Delphine Cayrac








