Par Yann Castanier

Maison de l'Image Documentaire

La Maison de l’Image Documentaire ouvre ses portes à Sète à compter du 22 octobre 2011. Gros, gros, mais alors énorme bisous !

Autant le dire immédiatement, j’adore le projet. Autant le dire immédiatement, j’adore les personnes qui portent ce projet, Valérie Laquittant (directrice) et Gilles Favier (directeur artistique). C’est beau, c’est carré, c’est intelligent et ils défendent des valeurs humaines, une certaine vision de la photographie. Et en plus, ils sont sympas.

C’est beau pour le lieu. Dans une partie de l’ancien collège Victor Hugo, classé au Patrimoine historique, la Maison de l’Image Documentaire accueille sur deux étages des expositions, un fond documentaire, un laboratoire argentique et deux salles pour des ateliers. Les murs blancs, les plafonds hauts et le charme de ce bâtiment sont un écrin pour les tirages exposés. Vous entrez par une porte de bois, des projections ont lieu dans une petite salle sur la gauche, le hall et son immense escalier accueille les premières images, puis l’étage nous offre un accrochage intelligent et lumineux. Dans la cour, un bar lors des évènements. Appréciable.

C’est bien évidemment beau pour la qualité des travaux présentés. En ce moment, prend place une rétrospective des différentes résidences artistiques menées dans le cadre du festival ImageSingulières. Anders Petersen, Bertrand Meunier, Juliana Beasley et Juan-Manuel Castro-Prieto s’exposent du 22 octobre au 3 décembre 2011. La richesse de cette présentation réside dans la confrontation de différents regards sur un même sujet : Sète. La pertinence du choix de ce type de résidence est mis à jour. Le réel est inaccessible. Seules des réalités s’entrecoupent. Les photographes sont acteurs du monde qu’ils relatent. Nous nous retrouvons en un point de convergence, le sujet, pour chacun être dans le monde à notre manière. A voir absolument.

C’est carré car ce projet et les travaux présentés sont professionnels et d’une très haute teneur. Les grands noms de la photographie se côtoient : Anders Petersen, immense photographe suédois dont je ne peux que vous conseillez de consulter les différents travaux, jouxte Bertrand Meunier, membre du premier collectif français « Tendance Floue » qui fête ses 20 ans. Juliana Beasley, américaine y compris dans son style, partage l’espace avec Juan-Manuel Castro-Prieto, adepte inimitable de la chambre photographique. Au détour d’un escalier, vous apercevrez le portrait célèbre de Dorothea Lange, Migrant Mother. Oui, Migrant Mother. Les férus d’histoire apprécieront.

C’est intelligent dans la manière de faire et dans les valeurs humaines défendues. Ce triptyque – intelligence, actes, valeurs – est pour moi indissociable si l’on veut accéder à la justesse du propos. On ne fait pas de la photographie pour une élite, pour un microcosme. La photographie est une ouverture sur le monde, une ouverture sur les autres. Les personnes lambda doivent avoir accès à la photographie réfléchie et réflexive, d’autant plus dans un monde saturé d’images. Il y a nécessité d’apprendre à lire une image comme l’on apprend l’alphabet. C’est ce que défendent Valérie Laquittant et Gilles Favier de la MID. Ils organisent des ateliers, sensibilisent des collèges, prennent des « petits jeunes » sous leurs ailes (dont j’ai eu la chance de faire partie, merci encore) et les aident à grandir. Ils organisent un festival, ImageSingulières, dans des lieux communs et accessibles gratuitement. C’est une défense de la culture pour tous ancrée dans le monde réel (des chais, des boulodromes, un ancien collège…). Loin des cimaises haut-perchées, proche des êtres vivants, aimant et vibrant.

Je leur souhaite un bon envol, une longue vie, et la poursuite de ces beaux projets.

Courez, courez voir cette Maison de l’Image Documentaire.  C’est au 3, rue Raspail, dans l’ancien collège Victor Hugo à Sète, ouvert du mardi au vendredi de 15h à 18h (jeudi jusqu’à 19h). Les groupes et les scolaires peuvent réserver par téléphone (04 67 18 27 54). Pour les montpelliérains, la gare est à deux pas. 15mn de TER à 1€ et hop !

Un petit tour sur le site de la MID ?

Réagir à ce bisou ? webzinecarteblanche@gmail.com

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